Exposition

1969 - 1978

NOUVELLES INFLUENCES & RÉVOLUTION TÉLÉVISUELLE

" Toi l’exilé, où pars-tu en voyage ? "

Dahmane El Harrachi, 1969

La communauté portugaise reste l’incarnation de l’immigration au cours de cette période, comme vient l’illustrer la chanson de Joe Dassin, Le Portugais (1970). Parmi ceux qui fuient la dictature de Salazar, on compte des musiciens comme José Mario Branco, Sérgio Godinho ou Luis Cilia, qui vont inscrire la musique portugaise dans la chanson protestataire, dans le sillage de Georges Brassens ou Jean Ferrat. Alors que l’immigration en provenance du Maghreb est croissante, notamment celle venue d’Algérie, que les accords avec l’Afrique de l’Ouest (Mali, Sénégal et Mauritanie) organisent la venue régulière de « travailleurs immigrés », que les diasporas italo-espagnoles sont importantes, ces années sont aussi marquées par un flot de réfugiés, les boat people, en provenance de l’ex-Indochine. Autre fait marquant, le nombre de postes de télévision en constante augmentation… Les émissions de variétés, comme Top à… de Maritie et Gilbert Carpentier, popularisent les chanteurs et les chanteuses auprès du grand public : Claude François, Serge Gainsbourg, Mike Brant, Michel Berger, Dalida, Johnny Halliday, Julien Clerc, Henri Salvador, Jane Birkin, Sylvie Vartan ou Annie Cordy en seront quelques-unes des vedettes attitrées. Apparus pour beaucoup au cours des années 60, tous s’affirment dans la décennie suivante, grâce au petit écran, comme de véritables stars. Ce star system touche également le cinéma. Les grands succès publics sont portés par des vedettes à la popularité sans égale, telles Romy Schneider, Lino Ventura, Alain Delon, Jean-Paul Belmondo, Isabelle Adjani ou Louis de Funès, leur présence à l’écran garantissant la venue des spectateurs dans les salles.

 

La décennie voit d’ailleurs l’émergence d’un cinéma politique, engagé mais grand public, l’exemple le plus marquant étant la trilogie réalisée par Costa- Gavras avec Yves Montand. Dans le même temps, la présence de l’immigration gagne en visibilité au cinéma, avec des films comme Les Princes noirs de Saint-Germain-des-Prés de Ben Diogaye Bèye (1975) ou Élise ou la Vraie Vie de Michel Drach (1970). Au sein de la communauté arabo-orientale, une nouvelle génération musicale arrive, incarnée par Ferhat Mehenni, Lounis Aït Menguellet, le duo Idir et Ben Mohamed ou encore les Abranis, que filme Daidy Davis-Boyer pour les scopitones. Ce répertoire est alors inconnu du grand public, alors même que des artistes comme Slimane Azem et Noura reçoivent leur disque d’or en 1971. Les sonorités des Antilles et d’Afrique de l’Ouest s’imposent, elles aussi. En 1973, Manu Dibango triomphe avec son disque Soul Makossa, qui se vend à plus de deux millions d’exemplaires. C’est au début de cette période, en 1968, que le producteur antillais Gésip Légitimus lance à la télévision Pulsations, la première émission qui promeut les musiques noires en France. Pulsation, telle semble être la signature de ces années…

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